Clones

Nous n’avions pas vu Bruce Willis sur le grand écran depuis deux ans. Après avoir rempilé pour Die Hard 4, il s’était calmé avec les scènes d’action. Nous le retrouvons enfin, dans Clones, l’adaptation cinématographique de Surrogates, un roman de Robert Vendetti et Brett Wendele. Autant dire que Clones fait réellement penser à I-Robot, aussi bien dans son principe que dans son univers. Mais en a-t-il l’aura ?

L’action prend place dans un monde désormais habité par les clones. Le docteur Canter a révolutionné le monde de la robotique en imaginant et créant la technologie du clonage. Elle ne correspond pas réellement à celle que nous nous faisons de nos jours : il s’agit de commander un robot par la pensée. L’humain est tranquillement couché chez lui tandis qu’il pilote sa version mécanique. Grâce à ce système – pour on ne sait quelle raison – le taux de criminalité a baissé de 99%. Mais, un soir, deux clones sont détruits… entraînant la mort de leur humain respectif. Les agents Greer (Bruce Willis) et Peters (Radha Mitchell – Silent Hill) vont alors devoir mener l’enquête, enquête qui les mènera à réfléchir sur l’utilisation des clones et le contact humain. Bien évidemment, ce scénario avant-gardiste n’est pas sans messages subliminaux. Il faut bien s’attendre à un panel de sous-entendus devant la prédominance des clones.

L’agent Greer mène une vie un peu trop réglée pour lui. Désespérant de ne plus voir sa femme, enfermée dans la pièce d’à côté, et de ne plus connaître qu’une version parfaitement lisse. Les clones ont été créés dans le but de rendre la vie des handicapés et grand blessés meilleure, mais très vite, chacun y a vu une façon de devenir parfait. Il suffit de voir les rues bondées de poupées pour saisir que la vie a quitté la Terre, c’est en tout cas l’impression que veut nous donner Jonathan Mostow (Hancock, Terminator 3, …). Les accidents n’aboutissent pas à une boucherie, mais à un jeu de quilles, les clones se relevant la plupart du temps. Le réalisateur nous apprend à peu à peu les haïr et surtout compatir aux souffrances des humains. Le film suit les pérégrinations d’humains n’étant pas spécialement biens dans leur peau, soit à la suite d’un drame personnel, soit en raison d’un manque de confiance en eux, voire même des deux à la fois. Si l’univers nous affiche des couleurs propres et des visages tous plus parfaits les uns que les autres, la tristesse qui y réside est palpable. Les rues manquent de vie.

Clones tire toute sa force de la continuelle tristesse qui se dégage des personnages. Le contraste est saisissant. Il est difficile de ne pas trouver misérables les « sacs de viande ». Nous bouillons au fait qu’ils s’enferment dans leur vie sans saveur, sans contact. Les clones étant les versions que chacun se fait de lui-même, il est donc étonnant de constater que l’enveloppe charnelle et la projection robotique peuvent être radicalement différentes : un « gros vicieux la queue à l’air » peut très bien apparaître sous les traits d’une plantureuse juriste. L’habit ne fait pas le moine, bien que Clones n’usurpe pas son statut de blockbuster américain. Jonathan Mostow offre au cinéma des scènes d’action et de carambolages tout à fait crédibles. Si les derniers titres se complaisent dans la surenchère, ici, nous avons affaire à des scènes fluides et donc lisibles. Nul besoin de plisser les yeux, ni même de comparer sa vision avec sa charmante voisine de gauche pour déduire ce qui s’est passé. Les effets spéciaux justifient une partie du budget alloué, et notamment les chutes d’hélicoptère et les manucures des robots (car un robot, eh bien, il faut l’entretenir).

Jonathan Mostow nous offre au final un film devant retranscrire les principaux événements du roman graphique original. Nulle comparaison dans ces lignes, juste la constatation que l’américain réussit à faire passer son message, grâce à l’aide d’un Bruce Willis toujours aussi bon. Et si certains raccourcis sont faits pour tenir dans l’heure et demie, ils n’entachent en rien la qualité du long-métrage. Attention toutefois, nous sommes loin d’une référence en la matière, mais les acteurs, la trame et le sujet fait que nous prenons du plaisir à suivre les déboires de l’Agent Greer. Clones ne restera pas comme un incontournable de Bruce Willis mais sera très certainement cité dans le catalogue des bons petits films de la fin d’année 2009.

Un commentaire sur “Clones”

  1. Sympa comme article.
    Je vais peut-être essayer de me le procurer.

    Commentaire de Moutaine le 17 mars 2010 à 11:36 | Répondre

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