Qu’advient-il d’un duo quand il se sépare ? Un couple peut être doué mais lorsqu’il se scinde en deux entités bien distinctes, quelles sont les chances que les moitiés réussissent de leur côté ? Caro et Jeunet nous ont prouvé qu’ils étaient de brillants cinéastes, réunis. Séparés, il semblerait que la donne soit différente. Jeunet propose Un Long Dimanche de Fiançailles au succès que l’on connaît et Caro offre au public français Dante 01. Lambert Wilson, Dominique Pinon et François Levantal sont présents au générique. Serait-une superproduction typiquement de chez nous ? Il semblerait que non.

L’histoire prend place dans un centre de détention en orbite autour d’une des planètes les plus dangereuses du système, Dante. Ce véritable enfer est le lieu rêvé pour retenir des prisonniers et surtout expérimenter toutes sortes de médicaments et substances pharmaceutiques sans avoir à risquer la vie d’honnêtes gens. Dante 01 est donc cette structure spatiale composée de deux parties bien distinctes : les quartiers du staff technique et celui des prisonniers, séparés par un sas bien hermétique et ouvrable uniquement via le panneau de contrôle principal. Vous trouvez deux matons, un médecin et une experte en comportement humain (l’équivalent d’un psychiatre). En face, six détenus, tous plus caractériels les uns que les autres. Tout ce petit monde accueille une journée deux nouveaux protagonistes, une femme médecin venue expérimenter un nouveau traitement sur les détenus et un renégat à l’identité inconnue et surtout au comportement plus qu’étrange. Très vite, Saint Georges – nom que lui attribuent les autres tolards – va bouleverser le quotidien de la prison…

Dans la lignée d’Alien 3 crie la jaquette du DVD de Dante 01. C’est ambitieux et sur le papier, on peut le comprendre. Une tribu pénitentiaire, isolée, accueille un nouveau locataire très particulier qui commence à faire perdre la raison à tout son entourage et un vent de panique touche alors l’équipage de la station. En soi, le script de base n’a pas grand-chose à se reprocher et n’a pas à rougir face à des ténors tels que les Alien. Grâce à des moyens originaux et pour certains osés, l’ambiance étouffante et vomitive des lieux est extrêmement bien retranscrite. Les surplus d’émotion de St Georges aiment titiller vos entrailles au moins d’inciter votre déjeuner à vouloir prendre l’air. La présentation des habitats est donc tout à fait bonne, la tension est palpable. Remarquable. Peu de films peuvent se permettre de restituer aussi bien pareil schéma. L’équipe et le réalisateur ont réellement bossé leur mise en scène, en tout cas de départ, et leur mythologie. Le Making of accompagnant le film vous révèle d’ailleurs moult détails vous prouvant que Dante 01 a réellement été mûri avant le début du tournage. Il n’a absolument rien à envier aux meilleurs du genre américain… Malheureusement, c’est tout ce qu’on acceptera de mettre dans la case des qualités. Le reste n’est qu’amas de maladresses, lourdeurs et erreurs.

C’est d’autant plus dommage que, comme dit à l’instant, le background du film est extrêmement recherché, mais la réalisation est déplorable. Les cadrages vomitifs sont bons un temps mais quand vous devez les supporter pendant les trois quarts du film, la lassitude vous émeut bien vite, un peu comme les dialogues très clichés et sans réelle profondeur des personnages secondaires. Le héros, quant à lui, ne prononce guère plus de dix phrases de tout le film ; doublons et amorces inclus. Les décors sont rigoureusement les mêmes du début à la fin. Certes, l’histoire prend place dans une prison censée ne pas figurer parmi les œuvres les plus variées du palmarès architectural de l’homme, mais aligner pendant 1h20 les quatre mêmes salles et couloirs, cela fait léger. Les modestes moyens du film ont certes incité Caro à opter pour des endroits clos et peu nombreux, mais il faut tout de même penser au spectateur qui ne pouvait déjà pas se rabattre sur les dialogues et le jeu d’acteur, il espérait au moins admirer de la diversité. A l’instar d’Eden Log, il ne faut pas regarder Dante 01 pour bronzer. Moins sombre que son compère francophone, il paraît pourtant plus terne, moins fouillé sur le plan des environnements et finalement plus classique.

Un peu à l’image de l’action du film qui, se voulant dynamique et étonnante, se révèle en fait totalement morne et sans réelle saveur, la faute à un rythme aux abonnés absents. Même les scènes violentes paraissent prises au ralenti. Un comble, surtout quand on réalise que près d’une heure de film s’est déjà déroulée, qu’on n’a pas vu un brin d’action réellement passionnante et qu’il ne reste donc plus que vingt minutes au scénario pour dévoiler un semblant d’intérêt. Je ne vous ferai pas l’affront de vous faire languir davantage : la fin est incroyable. Incroyable de non-sens et d’incohérence… à tel point qu’elle en devient hallucinogène. Lente, incongrue, totalement mal venue et incompréhensible lors du premier visionnage, elle atterrit comme un cheveu sur la soupe et clôture le film d’une manière déplorable. Elle en reste finalement fidèle au reste. Dante 01 est un film décousu, rempli de bonnes idées et très travaillé en amont. Malheureusement, si Caro est peut-être un prodige du background et possède un imaginaire des plus fertiles, il paraît bien piètre réalisateur. Peut-être devrait-il se cantonner aux duos, la solitude ne lui réussit pas, à l’inverse d’un Franck Vestiel dans Eden Log.

Les deux films concourent dans la même catégorie, à savoir la science-fiction, mais sont diamétralement opposés. Ils constituent les premiers films de deux hommes aussi passionnés l’un que l’autre mais décidément pas doués dans les mêmes domaines. En espérant que Caro se remette de ses émotions et réussisse un éventuel deuxième essai, essayez d’éviter Dante 01 autant que possible, cela pourrait vous sauver une soirée.
Zadig’n'Co, le seul site qui donnerait envie de voir des navets français? Bon, j’ai lu l’article, ça a pas l’air reluisant, mais il y a un je-ne-sais-quoi dans le pitch et dans ce que vous décrivez de l’univers qui me tente. Ne serait-ce que parce que les films de SF français, ça ne court pas les rues :p . Merci pour la découverte en tous cas ^^.
Bon alors j ai regardé ce film….
Et….j ai dormi…Je me suis litteralement écroulé au bout de 20 minutes….
Mange en même temps. Tu verras, ça peut être sympa. :nerd:
A classer dans les nanards?
J’avoue , qu’a vous lire j ai bien envie de voir ce qu il a de si horrible.Je vais tenter donc lol.