The Spirit

Samuel L.Jackson, Scarlet Johansson, Eva Mendes, Gabriel Match, un casting alléchant pour le dernier Franck Miller. Franck Miller, qui c’est ? Si je vous dis… Sin City ? 300 ? Cela vous parle déjà plus. C’est ce que je pensais. Cet américain de 52 ans est avant tout un scénariste de bandes dessinées. Nous lui devons notamment Daredevil, Elektra et Batman The Dark Knight Returns. Il n’a jamais réellement réalisé de films, puisqu’il n’a fait qu’écrire le scénario de 300 et coproduire Sin City. Toutefois, les deux films étaient des adaptations de comics. Le bonhomme ne travaillait donc pas à contre cœur, en restant ainsi dans son domaine de prédilection. The Spirit est le premier long-métrage sur lequel il est à la fois scénariste mais surtout réalisateur. Autant dire qu’il était légitime de frissonner…

Au bal Masqué, ohé ohé…

L’affiche donne le ton : trois couleurs, le noir, le rouge et le blanc. Le reste n’est que dégradés et dérivés. Un homme marche droit devant lui d’un pas assuré. Le Spirit. Un justicier qui ne peut mourir. Nul ne sait comment ce prodige peut être possible, mais la police aime l’avoir à ses côtés. Chaque enquête musclée nécessite les services du Spirit. Masqué et mystérieux, il ne communique son identité à personne, préférant vivre dans l’ombre de la ville, de sa ville, Central City. Cette dernière est à la fois son amoureuse, sa meilleure alliée et son arme. Il la connait comme sa poche et elle le lui rend bien, selon lui. Malgré cette apparente fidélité, le Spirit est un coureur de jupon, aimant flirter avec la première femme venue. De ses mots doux, elles sont toutes folles, ce qui a pour effet de réveiller la jalousie de certaines…

Le film débute lors d’un meurtre, celui d’un flic, dans un marais. Celui-ci aperçoit une somptueuse jeune femme sortant de l’eau et reçoit dans la foulée deux balles. Arrivé sur les lieux, le Spirit découvre que son ennemi de toujours, Octopus, est derrière tout cela. Ces deux hommes se révèlent très particuliers, aussi particuliers l’un que l’autre…

Ce mystère ne sera révélé que bien plus tard dans l’intrigue, tout comme la réelle identité du Spirit ou encore ses liens avec les nombreuses femmes de l’histoire.

Mi-figue, mi-raisin

The Spirit n’est pas un thriller mais son déroulement, camouflant sans cesse les véritables raisons de chaque fait et apparition, pourrait presque y faire penser. Etant vierge du comic, je m’émettrai aucune comparaison douteuse entre l’œuvre et son adaptation. Sachez donc que si vous êtes dans le même cas, l’intégralité des secrets est préservée de tout spoiler, et ce jusqu’au bout. Le scénario n’a rien de transcendant, mais il conserve cette petite part d’ombre, nécessaire au bon suivi du spectateur, spectateur d’ailleurs en extase devant l’esthétique du film. Encore plus sidérant que Sin City, The Spirit ressemble à un véritable comic animé. Les plans ramènent tous à cet univers, faisant la part belle aux poses classieuses et à l’éclairage en demi-teinte.

Le choix des couleurs n’est pas fait au hasard. Chaque élément important est mis en valeur puisque disposant d’une couleur opposée à celles l’entourant. Ainsi, l’évident couple noir/blanc est de sortie, sans pour autant prédominer. The Spirit n’est pas proposé en deux couleurs comme Sin City, bien au contraire. Il joue souvent sur certains dégradés pour rendre les paysages sublimes, notamment lors des couchers de soleil. La cravate de Spirit, ainsi que le sang, sont continuellement rouges, ses semelles sont blanches. Le reste est souvent noir, gris ou marron foncé. Les femmes ont une importance vitale, souvent blanches, contrastant avec le côté inquiétant de la ville. Elles ont pouvoir de vie, de mort voire de souvenirs, rendant les hommes dépendant d’elles. Aucune femme n’est à négliger, toutes sublimes. Ce n’est pas pour rien que Scarlet Johansson, Sarah Paulson et Eva Mendes occupent la tête d’affiche. Elles éclaboussent de leur beauté les sombres décors de Central City, à l’inverse des êtres masculins. Entre le Spirit qui leur doit tout, Octopus qui ne peut faire grand-chose sans Silken ou encore les frères Logos, aussi chiffonnés que résistants, nous ne pouvons guère être fiers de la gent masculine. Attention, aucune erreur de casting n’est à déplorer : seuls les rôles ne sont pas tous aussi intéressants à jouer. Eva Mendes a heureusement sa captivante beauté pour elle, sinon son personnage semblerait bien insipide.

Le premier comic animé

Le Spirit n’en reste pas moins le héros, primordial à l’intrigue et aux scènes d’action. Peu enclines à l’exaltation pyrotechnique, elles sont souvent originalement filmées. Désireux de coller au maximum à ce qu’il sait faire, Franck Miller a tenté d’insuffler l’âme du comic dans chaque plan, chaque coup de poing, chaque réflexion, … chaque seconde du film. Un assassinat à la japonaise dans les égouts de Central City, un suicide qui ne fonctionne pas, un combat de boue à coups de toilettes ou une scène de torture amenée par un nazi noir, voilà autant de scènes insolites que vous retrouvez dans le film. Il faut avouer qu’il est difficile d’en saisir les raisons fondamentales. Cela peut sembler arbitraire et sans réel but, mais c’est évidemment tordant et jouissif. Du second degré dans un comic. Normal.

The Spirit n’est pas bien long puisqu’une heure et 43 minutes après leur extinction, les lumières de la salle se rallument. Nous évitons donc le supplice de Sin City, d’autant que The Spirit trouve un meilleur rythme et affiche une photographie encore bien meilleure. Les images parlent d’elles-mêmes : le cinéma n’a jamais été aussi proche du comic. Pour son premier essai en solo, Franck Miller s’en sort donc avec les honneurs. A la fois intéressant et sublime, The Spirit mérite le coup d’œil pour les passionnés de comics et BD. Les autres pourraient être déconcertés devant ce parti pris graphique et perdus dans pareille mise en scène.

Un commentaire sur “The Spirit”

  1. [...] son petit effet. En face d’elle, deux acteurs loin d’être des inconnus : Gabriel Macht (The Spirit, c’était lui) et Tom Skerritt (connu pour ses rôles dans de nombreuses séries TV). [...]

    Commentaire de Whiteout « Zadig'n'Co le 14 mars 2010 à 4:49 | Répondre

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