En regardant les images qui arpentent ces pages, il est évident que des souvenirs de Silent Hill, Project Zero ou Rule of Rose vous reviennent. Ce petit grain tout à fait caractéristique de ces jeux se retrouve dans Baroque et sert admirablement l’ambiance du jeu, appuyée par des couleurs tout à fait en adéquation avec l’univers. La ville paraît crier à l’aide au beau milieu de ces volutes de poussière rouillée. La tour, quant à elle, présente aussi bien un côté organique très dérangeant dans certains étages pour s’orienter vers un aspect métallique dans d’autres. Il est évident que Baroque n’est pas le summum de la beauté technique sur Wii. La console de Nintendo a vu passer bien mieux, même dans le genre grâce à Chocobo’s Dungeon. Les textures sont très simples, les ennemis ne regorgent pas de millions de polygones et les personnages arborent des habits et modélisations finalement assez sommaires. Mais Baroque pourrait être le fer de lance d’un des slogans de la Wii : « il n’y a pas que les graphismes qui comptent ». En effet, ici, ce n’est pas la performance technique qui importe, mais bel et bien la performance esthétique. Le design, très particulier du jeu, constitue une véritable curiosité à lui tout seul. Les Meta-beings nous étonneront souvent, en bien comme en mal, en raison de leur physique pour le moins inhabituel. En sus, la bande son accompagne à merveille chacun de nos pas. Qu’il était osé de remplacer Masaharu Iwata, compositeur des musiques de Baroque sur Saturn et Playstation. Pourtant, Shigeki Hayashi réussit à réactualiser certaines pistes tout en en apportant de son cru. En résulte une ambiance sonore parfaitement unique. Ce qui est certain, c’est que l’atmosphère de Baroque, à la fois mystérieuse et vicieusement oppressante, ne laisse personne indifférent. Il s’agit d’une des caractéristiques qui peut nous dire si Baroque est fait pour nous ou non. Car c’est une évidence, le soft de Sting ne peut pas faire l’unanimité et ne peut plaire qu’à une minorité de joueurs. Sans compter que le genre du D-RPG est loin d’être au goût de tout le monde en Europe. Bien que des titres fleurissent de plus en plus sous nos latitudes, leur succès commercial est assez mitigé. Autant dire que le pari d’Atlus, éditeur du jeu, est risqué. C’est aux joueurs de récompenser, ou non, ce genre d’initiative.
Sting a réussi à redonner vie à un de ses titres les plus atypiques. Baroque a su marquer une génération de joueurs l’ayant découvert sur consoles 32 bits et sait aujourd’hui leur offrir une aventure tout simplement inoubliable. Malheureusement, malgré les ajustements de maniabilité et de gameplay, le jeu restera très certainement hermétique à la plupart des joueurs. De par sa difficulté absurde, son univers dérangeant et son principe plus que déroutant, il ne se laisse pas dompter par le premier venu. Difficile donc de le conseiller aux amoureux de RPG n’ayant actuellement pas grand-chose à se mettre sous la dent sur Wii. Baroque doit être un coup de cœur. Soit on accroche, soit on déteste. Il n’y a pas de juste milieu. Et le seul moyen de savoir dans quelle catégorie vous vous situez est de repenser à tout ce qui a été écrit plus haut et à bien regarder les photos voire à re-visionner les vidéos. Et si l’univers vous attire, si vous désirez réellement vous plonger dans ce monde de fous, alors tentez le coup. Vous ne devriez pas le regretter, mais ce n’est à faire qu’à cette sine qua non raison.



