Devil May Cry 4

2001. La Playstation 2 est disponible depuis un moment et peine à convaincre les joueurs un tant soi peu exigeants. Les fanboys Sony se débattent avec de malheureux X-Squad et autres SSX et se prêtent à rêver aux Killer-app annoncées. Capcom figure parmi les développeurs les plus productifs de ce début de vie avec deux titres majeurs, des ersatz de Resident Evil à première vue, mais que nenni. Onimusha et Devil May Cry vont bien au delà de cela. Il est ici question du second. Un gameplay nerveux, des graphismes somptueux, une ambiance unique et surtout un héros pas comme les autres. Dante de son petit nom a su conquérir la communauté des joueurs et lancer une console qui aura depuis lors dépassé les 100 millions d’exemplaires vendus.

Après une suite sans grande saveur et un troisième opus excellent mais un peu trop extravagant, voici le quatrième volet des aventures de Dante. Enfin, pas tout à fait. Le grand ténébreux se fait piquer la vedette par un petit jeunot, Nero. Les habitués ne seront pas dépaysés au premier coup d’œil puisque les deux protagonistes se ressemblent fortement, un peu trop diront certains. Cheveux blancs, regard pénétrant, petit sourire en coin, veste rouge, les deux bonhommes pourraient être frères que cela ne nous étonnerait pas. Alors flemme du designer ou réel lien ? Vous le saurez (peut-être) en finissant le jeu. Mais avant d’en arriver là, je vous propose de discuter un peu sur ce si attendu Devil May Cry 4.

Mario, Nero : même combat

Les Devil May Cry n’ont jamais brillé par leur scénario. Buter du démon et calmer un frère démoniaque furent des raisons suffisantes pour défourailler des hordes de monstres tous plus infernaux les uns que les autres. Reconnaissons que le genre du Beat’em all n’a jamais requis un quelconque effort de ce côté-ci. Cependant, l’espoir aidant, nombreuses étaient les personnes venues à croire que Capcom engagerait enfin un scénariste digne de ce nom… Eh bien, on dirait bien qu’ils sont allés taper dans le staff de Nintendo. Jugez plutôt : Nero, jeune garçon dans le vent, est fou amoureux de Kyrie (prononcez kiri… oui, comme kiri goûter…), fière croyante de l’Ordre et cantatrice d’opéra à ses heures. L’Ordre est un groupuscule de personnalités ayant pour but de prier et croire en un « Sauveur » qui nettoierait le monde de son mal et permettrait à tous de vivre dans l’allégresse… Bref, c’est une fichue secte qui désire faire (re)venir un Dieu sur Terre. Mais, au beau milieu d’une sympathique, mais longuette, messe, Dante fait son apparition, plus classe que jamais, et colle une balle entre les deux yeux  du prêtre. Nero, en tant que combattant de l’Ordre, se retrouve confronté à notre chasseur de démons favori. Les choses faisant, Kyrie se sentira obligée d’être kidnappée obligeant notre jeune écervelé à défoncer du démon pour la retrouver. Aucune originalité, peu de suspense et des rebondissements dignes du meilleur Steaven Seagal sauront vous remettre les pieds sur Terre : ce ne sera pas Devil May Cry 4 qui marquera l’arrivée d’un bon scénario. Rien d’aussi catastrophique que le deux, soyez rassurés mais rien qui ne tiendrait pas sur un post-it non plus. N’espérez pas non plus un long développement de la relation Nero-Dante, ni même une évolution de Nero-Kyrie. Il y avait moyen de faire quelque chose de plus approfondi, notamment pour nos deux héros, mais le Dieu Capcom en a voulu autrement. Peut-être pour DMC 5, qui sait ?

Attention les pouces

L’arrivée de Nero dans la série déboussole un peu. Sera-t-il à la hauteur de Dante ? Se manie-t-il correctement ? Possède-t-il de bonnes techniques ? Autant d’interrogations qui trouvent leur réponse dès les premières minutes de jeu : Nero est à la fois similaire et bien différent de Dante.

Similaire car les routines de combat se ressemblent fortement ; un flingue dans une main, une épée dans l’autre. Les deux disposent d’animations qui se confondraient aux yeux d’un profane. Mais voilà, Capcom a tout de même cru bon de rajouter l’élément qui allait tout changer : le Devil Bringer. Sous ce nom barbare, se cache le bras droit de Nero. Il vous permettra de capter n’importe quel ennemi se trouvant dans votre périmètre de sécurité – périmètre qui n’aura de cesse de croître au fil de votre progression pour peu que vous achetiez les bonnes capacités. Mine de rien, ce petit ajout permet de radicalement modifier l’approche et la philosophie des combats. Le bestiaire a de plus été réalisé pour être plus ou moins faible face aux prises de Nero, tout comme les boss qui verront leur barre de vie diminuer de manière drastique si tant est que vous saisissiez leur point faible au bon moment. A noter l’évidente influence de God of War que ce soit dans le côté imposant des boss que de la nouvelle importance du corps à corps dans les confrontations. Les joueurs des précédents DMC devront réapprendre un peu à jouer dans le but de s’adapter à Nero, chose qui se fera tout naturellement au fil des chapitres.

Dante n’est jouable qu’à partir du douzième chapitre. Son arrivée entre nos paluches se transforme cependant en petite désillusion lors des premiers pas. En effet, alors que l’apprentissage du gameplay Neroesque est enfin achevé, il  nous faut soudainement tout réapprendre. Dante se manie exactement comme dans DMC 3 ; les quatre styles de combat – Tryckster (axé sur les mouvements), Sword Master (basé sur l’utilisation de l’épée), Gunslinger (flingue à donf) et Royalguard (tout dans l’esquive) – font leur grand retour. La façon de jouer est donc connue mais la partie d’aventure déjà traversée nous avait introduit un tellement bon outil qu’il est désormais difficile de l’oublier. Sans compter que les ennemis, et boss, ne bougent pas d’un iota, à quelques réglages près. Tout ceci désoriente quelque peu…  Heureusement, les retrouvailles avec Dante se passent tout de même bien et le plaisir de défourailler des démons à toute berzingue reprend le dessus… jusqu’à ce que l’on réalise le… comment dire… foutage de gueule, il n’y a pas d’autre mot, organisé par Capcom.

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