Live A Live

Des nombreux jeux que Squaresoft a développé sur Super Nintendo, très peu ont dépassé les frontières japonaises. Beaucoup d’entre eux sont tombés dans l’oubli, faute de localisation, de remake ou dématérialisation récente. C’est le cas de Live A Live, RPG sorti dans l’ombre du grand Final Fantasy VI, que ce présent article aborde, non sans une certaine pointe d’adoration.

Heroes

Live A Live est un recueil. Un recueil de petites destinées plus ou moins houleuses de personnes vivant dans des époques différentes. La plupart des périodes connues par toute personne ayant un minimum de culture générale sont abordées, bourrés de références à des films ou à la littérature, pour le plus grand plaisir des amoureux de petits détails. Les scénarios de ces «  chapitres  », pas spécialement complexes dans leur ensemble et n’ayant aucun rapport les uns avec les autres, ne manquent pourtant pas de tenir en haleine grâce à une trame narrative agréable à parcourir, et aux personnages que l’on contrôle ou rencontre, qui sont souvent drôles, très attachants et surtout atypiques pour un RPG japonais.

On contrôle, dans l’ordre de son choix, un homme préhistorique, un ninja, un adolescent aux pouvoirs psychiques, un vieux maître de kung-fu, un lutteur, un cowboy et un robot. Pas de surabondance de pouvoirs magiques ou de charisme à ne plus savoir qu’en faire. Des personnages presque ordinaires dans des mondes tout aussi ordinaires. Pourtant, voilà ce qui fait mouche. Il ne s’agira pas de sauver le monde entier, mais plutôt une ville, un groupe de personnes, son prochain, ou soi-même, et ceci durant une poignée d’heures pour chaque tranche de vie. A noter qu’un chapitre en particulier est très court, et ressemble davantage à un jeu de combat qu’à un RPG. Pas de quêtes annexes en complément, la durée de vie du titre est donc relativement courte.

Cet aspect minimaliste et intime, si on peut parler ainsi, est fort plaisant et attirera à coup sûr ceux qui recherchent une histoire simple, courte et sans longueur, ou/et à ceux qui veulent faire une agréable pause après s’être tapé une centaine d’heures de jeu sur un RPG plus colossal. Aujourd’hui encore, face à certains jeux aux scénarios déjà vus, longs et lourds, Live A Live n’a pas à rougir avec sa petite rotation de la planète Terre. Et après tout, quel cahier des charges stipule que ce genre de jeu doit accaparer une partie de la vie d’un joueur?

Thé RPG.

Live A Live adopte le bon vieux système de combat au tour par tour dans des zones dédiées, avec quelques emprunts aux T-RPG. Selon les scénarios parcourus, les ennemis seront visibles sur le terrain, débarqueront de manière aléatoire, ou seront, bien sûr, amenés par l’histoire. Le combat lancé, le joueur déplace ses personnages sur un vaste damier pour s’approcher ou s’éloigner de ses adversaires.

Que l’on soit allié ou ennemi, chaque mouvement et attaque de base utilise un tour, et les compétences plus puissantes peuvent invalider son auteur pendant un certain temps. Ajoutons à cela que ces mêmes skills ne sont utilisables que sur une zone bien délimitée, que certains coups peuvent changer la condition du terrain (pour le rendre brûlant, électrifié, etc…), ou le statut d’un personnage, et on obtient autant de variables à prendre en compte pour massacrer ses ennemis sans se faire moudre sévèrement la tronche.

Ce système de combat hybride s’avère plutôt efficace et relativement dynamique malgré la présence, dans certains scénarios, d’étranges déséquilibres entre le niveau du joueur et celui de ses adversaires. En résultent, en comparaison avec les classiques du genre, deux choix de game-design déroutants, pour peut-être palier, dans un sens, à ce problème: les HP sont rechargés à chaque fin de bataille et aucun MP n’est demandé pour lancer un coup spécial. Ce système réserve cependant une certaine place à la tactique et à quelques retournements plus ou moins voulus. Pour précision, les bastons n’occupent pas une place écrasante dans le jeu. Disons qu’elles font partie intégrante de la narration. Bien sûr, il est toujours mieux de taper tout se que l’on rencontre histoire de débloquer de nouvelles compétences et récupérer des objets pour éviter tout désagrément face aux boss de fin de chapitre.

La partie exploration du jeu, rappelant sans conteste les autres titres du développeur, ajoute quelques petites nouveautés au genre, avec des phases d’infiltration à la Metal Gear, du «  coaching  », ou des moments rappelant subtilement des jeux de stratégie, avec des NPCs à placer au bon endroit avec le bon équipement.

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Un commentaire sur “Live A Live”

  1. Tu m’as énormément donné envie d’y jouer. Il s’agit d’une des perles de Square qui m’est encore inconnue. Je compte d’ailleurs en parler très prochainement, car ce n’est pas pour rien que Square a décidé d’en reprendre le principe dans FFXIII : personnages diamétralement opposés, chapitres centrés sur un personnage (ou un binôme), pas de MP, HP rechargés à chaque fin de combat, peu de quêtes annexes, gameplay servant la narration, personnages visibles sur le terrain, système de combat dynamique, …

    Ce n’est pas pour rien, je pense, que Square a voulu donner son heure de gloire à un vieux système passé relativement inaperçu. :)

    Commentaire de Vidok le 13 mars 2010 à 1:19 | Répondre

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