Haibane Renmei : 13 jours au paradis

Une fille tombe du ciel. Lorsqu’elle revient à elle, elle ne sait plus ni qui elle est, ni où elle se trouve, le monde lui parait extrêmement confus car elle flotte dans de l’eau sans pour autant avoir de difficultés à respirer. Des voix se font entendre à l’extérieur. Tout à coup le cocon se déchire et la voilà projetée dans un univers mystérieux où elle est accueillie par des filles ailées qui ressemblent à s’y méprendre à des anges. Elles lui donnent un nouveau nom : Rakka, « tombée du ciel ». Mais que va-t-elle devenir à présent ?

Il est d’indispensable de commencer par dire qu’Haibane Renmei est une série tout à fait à part dans l’animation japonaise et qu’il est quasiment impossible de lui trouver un équivalent, comme c’est souvent le cas avec les productions auxquelles participe Yoshitoshi ABe (Serial Experiments Lain, Texhnolyze). Amateurs de bastons dynamiques, d’animes dopés aux vitamines remplis au scénario plein de rebondissements incroyables, s’abstenir ; ce n’est pas Naruto ici !

Bienvenue à Guri !

Haibane Renmei c’est d’abord un univers bien particulier, enchanteur, onirique, léger. Les qualificatifs ne manquent pas pour décrire la beauté des paysages dans lesquels évolue la jeune Rakka qui vient de naître, déjà adolescente, et qui est encore un peu perdue dans la ville de Guri (elle n’est jamais nommée ainsi dans l’anime, mais seulement dans des artbooks sortis plus tard). Guri est une ville un peu particulière puisque c’est un bassin (le point culminant, la tour de l’horlogerie étant situé dans un creux) entièrement entouré d’un mur gigantesque qui ne possède qu’une porte et dont il est interdit de sortir. Personne ne sait donc ce qu’il y a au-delà des remparts et il est impossible de voir quoi que ce soit à cause de la taille gigantesque de ces murailles creuses, à l’intérieur desquelles coule un canal dont l’accès est réservé aux membres de la Haibane Renmei, une confédération cherchant le bien être des habitant de Guri. Les seuls autorisés à sortir et à entrer par la porte sont les Toga, des commerçants, qui viennent vendre ou échanger des marchandises venues d’ailleurs. Ils portent toujours une sorte de voile qui dissimule leurs visages et ils ont pour interdiction formelle de parler à qui que ce soit, sauf au communicateur, le Washi. Celui-ci porte en permanence un masque étrange et communique avec eux par langage des signes ; c’est aussi un personnage important de la Haibane Renmei qui réside dans un temple éloigné du centre-ville.

A Guri cohabitent des humains et des Haibane (ou « ailes grises ») dont fait partie Rakka. Les Haibane n’ont le droit de prendre que ce dont les humains ne veulent plus, ils s’habillent donc avec des vêtements de seconde main et vivent dans d’anciens endroits abandonnés telles la Vieille Maison (ancien internat) ou l’Usine (désaffectée). Ils ne sont pas malheureux pour autant puisque l’association Haibane Renmei veille à leurs besoins en échange de leur travail (et ils ont droit de prendre le travail de leur choix). A titre d’exemple : ils peuvent travailler à la boulangerie, à la bibliothèque, à l’horlogerie, au café, ou encore rester à la Vieille Maison et s’occuper des enfants (car il y en a !). La Haibane Renmei met à leur disposition un carnet dont ils déchirent les pages quand ils ont besoin de s’acheter quelque chose, ce carnet est la preuve qu’ils contribuent à leur manière à la communauté. Pas de carnet, pas de moyen de paiement ! Guri est une « ville » mais en réalité elle comporte aussi des espaces naturels. Ainsi la Vieille Maison se trouve à proximité d’un champ d’éoliennes, le temple de la Haibane Renmei n’est accessible qu’à partir d’un chemin de montagne escarpé surmonté d’une cascade et on connaît l’existence de ruines dans la mystérieuse Forêt de l’Ouest, endroit réputé dangereux.

Les Haibane, entre humanité et divinité

Je vous parlais de Haibane, mais qu’est-ce qu’un Haibane ? En réalité, même eux ne le savent pas. Ils se sont nommés ainsi à cause de la couleur cendrée de leurs ailes mais n’ont absolument aucune idée du pourquoi du comment de leur existence. De plus, aucun livre de la bibliothèque, même ancien, ne semble véritablement en parler. Tout ce que l’on sait c’est qu’un cocon peut apparaître quelque part dans la Vieille Maison ou à l’Usine. Une fois le cocon arrivé à maturité, le Haibane qui est à l’intérieur déchire de lui-même la mince cloison qui le sépare du monde extérieur, ce serait même une tradition de le laisser le faire tout seul, comme une sorte d’épreuve initiative. Ce Haibane là peut naître enfant ou adolescent, il n’aura aucun souvenir de son passé mais il saura parler, marcher, manger et n’aura comme indice qu’un rêve. Chaque Haibane fait un rêve dans son cocon, et c’est à partir de ce rêve qu’on lui trouve un nom. Dans le cas de Rakka, on l’a nommée ainsi par ce que rakka signifie « tomber » mais ses amies possèdent des noms très variés. On compte ainsi Nemu « dormir » la seule à rêver qu’elle dormait, ce qui ne manque pas d’attiser les moqueries de ses camarades, Kuu « air », Hikari « lumière », Kana « poisson dans l’eau » et le cas un peu particulier de Reiki « petite pierre » qui a rêvé qu’elle marchait sur un chemin composé de cailloux.

Quand il naît, le Haibane ne possède ni ailes ni auréole et ressemble à n’importe quel être humain, on lui donne cette dernière et les ailes poussent toutes seules dans la nuit (et ça a l’air de faire horriblement mal d’ailleurs). S’il est né enfant à l’Usine, on l’envoie généralement à la Vieille Maison et il peut revenir de temps en temps chez lui, mais ce sont plutôt les adolescents issus de l’Usine qui y vivent et les deux camps ne s’entendent pas toujours très bien. La dernière chose que l’on sait à propos des Haibane, c’est que vient un jour où ils se sentent prêts à partir. Ils ne le disent à personne quand c’est « leur tour », leur auréole se met à clignoter doucement de temps à autre et ils partent, toujours sans un mot, vers la Forêt de l’Ouest où ils s’envolent dans un rayon de lumière. Ces Haibane là ne reviendront jamais. Ceux qui restent vivent généralement ce départ comme un décès. Mais il peut arriver qu’un Haibane prêt à partir ne le puisse pas, c’est le cas de ceux qui sont liés au péché. Leurs ailes grises se couvrent de tâches noires et, incapables de se pardonner pour les crimes qu’ils pensent avoir commis, ils disparaissent quand leur heure vienne, mais pas de l’autre côté du mur, ou alors ces Haibane là restent en vie, dans la solitude et perdent leurs ailes et leur auréole (il est suggéré que c’est le cas du Washi mais c’est impossible à savoir).

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